Suisse (en allemand, Schweiz!; en italien, Svizzera), officiellement Confédération suisse, pays des Alpes occidentales, enserrée entre la France et l'Allemagne au nord, l'Autriche et le Liechtenstein à l'est, l'Italie au sud, et la France à l'ouest. Le pays a une superficie de 41 293 km2. La plus grande ville est Zurich et la capitale fédérale Berne dans le canton du même nom.
Le pays et ses ressources
Relief et hydrographie
La Suisse est le seul pays alpin qui s'étend sur les deux versants des Alpes et dont elle commande les principaux passages. Le relief du pays est constitué dans ses grandes lignes par les Alpes et par une autre chaîne montagneuse plus ancienne, le Jura. Orientées du sud-ouest au nord-est, les deux chaînes sont séparées par la dépression du Mittelland (Moyen Pays), le plateau suisse. Il existe plusieurs chaînes dans les Alpes, dont les Alpes Pennines où l'on trouve le plus haut sommet suisse, la pointe Dufour (4 634 m), dans le massif du mont Rose. Les massifs centraux, Aar et Saint-Gothard portent des glaciers. Le plus grand glacier des Alpes, l'Aletsch, se situe dans le massif de l'Aar. Le Jura s'étire de Dole jusqu'à Zurich et culmine à 1 600 m!; beaucoup moins élevé que les Alpes, c'est une barrière abrupte qui n'est franchissable qu'en de rares passages.
Entre les deux systèmes montagneux se trouve le plateau suisse, à l'altitude moyenne de 395 m et large d'environ 50 km. Il s'étend du lac de Genève (ou lac Léman!; en allemand, Genfersee) jusqu'au lac de Constance (en allemand, Bodensee) au nord-est. Ce plateau, parsemé de nombreuses collines, est la région vitale du pays et regroupe la majorité de la population et des agglomérations. Le système alpin est en certains endroits entaillé par des vallées profondes et sinueuses comme l'Engadine, sur l'Inn au sud-est. De nombreuses vallées suisses sont parcourues de cours d'eau torrentueux, coupés de chutes et de cascades : Schaffouse sur le Rhin, Staubbach (environ 300 m de haut), dans le canton de Berne. Avec le Rhin, le Rhône, le Tessin (en italien, Ticino) et l'Inn, la Suisse alimente de ses eaux la mer du Nord, la Méditerranée, l'Adriatique et la mer Noire, et, à partir du Saint-Gothard, la région de Septimair et l'Umbrail. Le bassin du Rhin draine avec ses affluents 60 p. 100 du territoire. D'abord torrent de montagne, son cours ne se régularise qu'à la sortie du lac de Constance. Le bassin du Rhône est le second par importance!; il draine 18 p. 100 du sol suisse. Le rôle des lacs est très important, ils épurent les eaux troubles des fleuves, améliorent leur régime en amortissant les crues et en compensant les étiages saisonniers. La plupart sont situés au débouché des vallées alpines. Outre le lac de Genève et le lac de Constance, la Suisse possède d'autres lacs importants tels que le lac de Lugano, le lac Majeur (le point le plus bas de la Suisse, à 193 m au-dessus du niveau de la mer), le lac de Neuchâtel, le lac des Quatre-Cantons (ou lac de Lucerne), le lac de Zurich (en allemand, Zürichsee), ainsi que ceux de Brienz et de Thun. L'importance de l'eau a amené les géographes à surnommer la Suisse le «!château d'eau!» de l'Europe.
Climat
Le plateau et les basses vallées suisses jouissent d'un climat continental. La moyenne thermique annuelle est de 7!°C, les températures diminuant d'environ 1,7!°C par pallier ascendant de 300 m. Les précipitations varient en fonction de l'altitude. Sur le plateau suisse et dans les vallées, la moyenne annuelle est d'environ 915 mm de pluie à l'année, les zones plus élevées recevant généralement beaucoup plus d'eau. Au-delà de 2 700 m, les sommets sont couverts de neiges éternelles. L'enneigement est inégal!; il varie de quelques jours par an dans certaines vallées du Tessin à six à dix mois dans les Hautes-Alpes. Les vents froids du nord, comme la bise, prédominent en hiver. Le foehn, un vent chaud et sec du sud-est, souffle pendant le reste de l'année et adoucit le climat.
Faune et flore
Comme dans tous les pays de montagne, la végétation est étagée : cultures et prairies dans les vallées et sur les premières pentes, forêts et alpages montant jusqu'à la limite des neiges. Sur les ubacs, les forêts de sapins et d'épicéas dominent, les adrets étant plus riches en feuillus et en mélèzes. Dans le Tessin, le châtaignier apparaît de même qu'en France, le Jura, plus froid (on parle de la Sibérie neuchâteloise), est le domaine du hêtre et des conifères. Le plateau central est propice au hêtre et aux pâturages. La forêt couvre 25 p. 100 du territoire. La prédominance dans la forêt alpine des épicéas et des conifères est un phénomène moderne qui remonte tout au plus au XVIe siècle. Auparavant, les feuillus recouvraient les Alpes. La faune et la flore sont celles des systèmes alpins : edelweiss, anémones, lis, pins mugho et ormes des montagnes. Une exception notable : celle des microclimats des lacs qui permettent parfois l'acclimatation de plantes et d'arbres méditerranéens tels que magnolias, amandiers, noyers. Marmottes et chamois se partagent les hauteurs. Le lac Léman possède une espèce caractéristique de poisson blanc, la féra, qui ne se trouve que dans ce lac.
Population et société
Démographie
D'après les estimations de 1993, la Suisse compte 6 908 000 habitants, ce qui correspond à une densité de population de 167 habitants au km2, une densité forte si l'on tient compte que 23,7 p. 100 du sol est inculte et qu'un autre quart est occupé par les lacs et les montagnes. La part de la population urbaine est de 60 p. 100 environ, répartie en majorité dans des villes de moins de 100 000 habitants. La croissance de la population est lente et l'excédent d'emplois explique l'importance des travailleurs étrangers et de leur famille dans la composition de la population, à savoir presque 15 p. 100.
Divisions politiques et villes principales
La Suisse est une Confédération de 23 États appelés «!cantons!». Trois d'entre eux sont subdivisés en demi-cantons pour des raisons administratives. Les cantons et demi-cantons sont les suivants : Argovie (Aargau)!; Appenzell Rhodes-Extérieures (demi-canton)!; Appenzell Rhodes-Intérieures (demi-canton)!; Bâle-campagne (Basel-Land!; demi-canton)!; Bâle-ville (Basel-Stadt!; demi-canton)!; Berne (Bern)!; Fribourg (Freiburg)!; Genève!; Glaris (Glarus)!; Grisons (Graubünden)!; Jura!; Lucerne (Luzern)!; Neuchâtel!; Unterwald Nidwald (demi-canton)!; Unterwald Obwald (demi-canton)!; Saint-Gall (Sankt Gallen)!; Schaffhouse (Schaffhausen)!; Schwyz!; Soleure (Solothurn)!; Thurgovie (Thurgau)!; Tessin (Ticino)!; Uri!; Valais (Wallis)!; Vaud!; Zoug (Zug) et Zurich (Zürich).
La mégapole suisse s'ordonne autour de Zurich (343 106 habitants) qui est la ville la plus importante et le principal centre financier du pays. Bâle (171 000 habitants), port de commerce le plus important de la Suisse, concentre l'essentiel des industries chimiques et pharmaceutiques du pays et rayonne sur d'autres villes comme Lucerne (306 000 habitants) et Winthertur (110 000 habitants). Genève (167 697 habitants), centre culturel, financier et industriel est renommé pour son industrie horlogère et pour sa joaillerie. La capitale politique, Berne, regroupe 134 393 habitants (estimation 1990) et Lausanne (123 149 habitants) est un carrefour ferroviaire ainsi qu'une ville universitaire.
Religion
La liberté de conscience, de croyance et le libre exercice du culte sont garantis par la Constitution. Environ 48 p. 100 de la population suisse est catholique et 44 p. 100 de confession protestante. En 1973, un référendum a abrogé les articles de la Constitution bannissant l'ordre des Jésuites, limitant le nombre des couvents et interdisant la fondation de nouveaux ordres religieux. Les autres religions minoritaires sont le judaïsme et l'islam. La pratique religieuse, en Suisse, est inséparable de l'histoire de la Réforme protestante : Genève a été le berceau du calvinisme, Jean Calvin y prêcha et y enseigna. Aujourd'hui, on constate un recul du protestantisme (52,7 p. 100 en 1960) et une progression du catholicisme romain.
Langues
La Constitution fédérale reconnaît quatre langues nationales : l'allemand (environ 65 p. 100 de la population), le français (18 p. 100) et l'italien (10 p. 100). La quatrième langue est le romanche, une langue romane, parlée par moins de 1 p. 100 des habitants, surtout dans les Grisons, et qui a été reconnue langue officielle, à la suite d'un référendum. Dans une majorité de cantons, la langue commune est le Schwyzertütsch (suisse allemand), qui recouvre plusieurs dialectes alémaniques, différents de l'allemand écrit et des autres dialectes germaniques. Les deux principales langues culturelles sont l'allemand classique, langue des journaux et des médias et le français, langue majoritairement parlée dans les cantons de Fribourg, du Jura, de Vaud, du Valais, à Neuchâtel et Genève. L'italien prédomine dans le Tessin.
Éducation
Pays de vieille culture, la Suisse possède un système éducatif de grande valeur et très particulier en raison du «!quadrilinguisme!» et du système étatique. La Constitution assure l'éducation gratuite et obligatoire. Depuis la révision de 1874 et l'amendement de 1902, le gouvernement fédéral limite sa contribution à l'enseignement à des subventions. La souveraineté des cantons est complète en matière d'enseignement, du primaire au supérieur. Le cycle primaire dure de sept à neuf ans selon les cantons. L'enseignement est dispensé dans la langue officielle locale, mais les élèves peuvent également apprendre les autres langues nationales.
L'enseignement secondaire qui se déroule dans les gymnases (lycées) s'achève par l'obtention d'un certificat de maturité qui donne accès aux universités et aux autres établissements d'enseignement supérieur. L'analphabétisme est négligeable. Au début des années 1990, les écoles primaires suisses recevaient annuellement 414 129 élèves, les écoles secondaires, professionnelles et normales, 603 500 étudiants et les établissements d'enseignement supérieur, 143 192 étudiants. Sept cantons possèdent des universités dont certaines remontent au Moyen Âge : Bâle (fondée en 1460) où Érasme enseigna, Lausanne (1537), Zurich (1833) et Genève (1599), Berne, Neuchâtel, Fribourg et l'Institut fédéral de technologie (1855) de Zurich. Il faut y ajouter une université spécialisée, l'université des sciences économiques et sociales de Saint-Gall. Le système éducatif moderne a subi l'empreinte des grands pédagogues que furent Jean-Jacques Rousseau, puis de son continuateur Johann Heinrich Pestalozzi et du psychologue Jean Piaget.
Culture
Terre où se rencontrent trois grandes cultures, la Suisse a tiré parti de cette originalité et a toujours joué un rôle de médiateur culturel entre l'allemand, le français et l'italien. La culture suisse a cependant sa personnalité propre. La Suisse a subi de nombreuses influences étrangères et, dès le Moyen Âge, le pays avait atteint un haut degré culturel. La Renaissance dite «!carolingienne!» y a fleuri, de même que l'architecture romane, et le monastère de Saint-Gall (Sankt Gallen) qui fut un centre brillant de la culture occidentale. Calvin et Ulrich Zwingli, autre réformateur suisse du XVIe siècle, eurent une énorme influence sur la culture du pays.
Avec environ 2,6 millions de volumes, la bibliothèque de l'université de Bâle est la plus importante de Suisse. La Bibliothèque nationale, à Berne, et les bibliothèques des Nations unies et de l'Organisation internationale du travail, toutes deux à Genève, sont parmi les plus importantes bibliothèques spécialisées.
Les musées des Beaux-Arts de Bâle, de Berne et de Zurich possèdent des collections d'artistes allemands des XVe et XVIe siècles, de peintres hollandais et flamands des XVIIe et XVIIIe siècles, d'impressionnistes et d'œuvres contemporaines.
Dès l'époque carolingienne, des foyers culturels naissent comme l'abbaye de Saint-Gall (Sankt Gallen) où sera élaboré par le moine Ekkehard le plus ancien recueil épique de la culture allemande, la Vita Waltharii manu fortis (la Vie du preux Walther). Au XIVe siècle émergent une culture profane et une littérature qui exaltent le passé national comme dans la poésie des minnesängers qui mêle ballades populaires et chroniques. Bâle, où enseignèrent Érasme et Paracelse, a été un foyer d'humanisme dont l'influence s'est fait sentir jusque sur les hommes de la Réforme : Ulrich Zwingli y fit ses études. La principale littérature suisse est de langue allemande : Gottfried Keller, Conrad Ferdinand Meyer, Hermann Hesse et Carl Spitteler, tous deux prix Nobel, Jeremias Gotthelf (pseudonyme d'Albert Bitzius), Max Frisch ainsi que Friedrich Dürrenmatt sont les plus connus. Parmi les francophones, Charles Ferdinand Ramuz a tracé un portrait âpre des communautés paysannes du Valais. La littérature enfantine est représentée par Heidi (1880, traduit en 1884), de Johanna Spyri, oeuvre populaire dans le monde entier et souvent adaptée pour le cinéma.
La peinture et la sculpture comptent des artistes de qualité. Conrad Witz, Johann Heinrich Füssli, Arnold Böcklin, Ferdinand Hodler, Paul Klee, le sculpteur Alberto Giacometti et l'architecte Le Corbusier sont mondialement connus.
L'activité musicale savante date du XVe siècle. Deux compositeurs d'envergure, Ludwig Senfl et surtout Heinrich Loriti (Henricus Glareanus), apportèrent une importante contribution à la musique de la Renaissance. Parmi les compositeurs suisses contemporains, il faut citer Ernest Bloch, Arthur Honegger, Othmar Schoeck, Frank Martin, Ernst Levy et Conrad Beck. Le chef d'orchestre Ernest Ansermet, à la tête de l' Orchestre de la Suisse romande, a participé pendant près de cinquante ans à toutes les aventures musicales de son temps.
Gouvernement et vie politique
Généralités
La Suisse est une république fédérale gouvernée d'après une Constitution adoptée en 1848, révisée en 1874 et amendée à plusieurs reprises. Le système politique suisse combine la démocratie directe et indirecte avec les principes de souveraineté du peuple, de séparation des pouvoirs et de représentation proportionnelle. Lors des élections fédérales, tous les citoyens âgés d'au moins vingt ans peuvent voter. Les femmes ont obtenu le droit de vote aux élections nationales en 1971, à la suite d'un référendum. Les électeurs possèdent un droit d'initiative, les cantons un droit de référendum qui leur permettent toujours de décider en dernière instance de l'application ou non d'une loi. Les amendements à la Constitution doivent être proposés par une pétition signée par au moins cinquante mille électeurs et ratifiée par référendum. Toute révision totale ou partielle de la Constitution fédérale est soumise au référendum obligatoire.
En Suisse, le pouvoir exécutif appartient au Conseil fédéral, ou Bundesrat, qui comprend sept membres élus pour quatre ans au cours d'une session plénière des deux chambres du Parlement. Le Conseil est un pouvoir collégial dont les membres sont responsables devant le Parlement. L'Assemblée élit, parmi les membres du Conseil, un président avec un mandat d'un an. La Constitution interdit formellement les réélections successives d'un président.
Le Parlement suisse, appelé «!Assemblée fédérale!» détient le pouvoir législatif. Il comprend deux chambres : le Conseil des États (Ständerat) représente les cantons. Ses quarante-six membres, deux par canton, sont élus pour des durées variables selon les cantons. Le Conseil national (Nationalrat) représente le peuple. Les deux cents députés sont élus au suffrage universel à la représentation proportionnelle pour quatre ans.
Le Tribunal fédéral de Lausanne, composé de trente juges nommés pour six ans par l'Assemblée fédérale, est la plus haute instance constitutionnelle et d'appel. Il arbitre dans les procès entre le gouvernement fédéral et les cantons, entre les associations et les particuliers et entre les cantons. Les crimes commis contre la Confédération sont de son unique ressort. En outre, chaque canton possède son système judiciaire particulier jugeant au civil, au criminel et en appel. La peine de mort a été abolie en Suisse en 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale.
Tous les pouvoirs non délégués à la Confédération par la Constitution fédérale reviennent aux cantons. Les formes du gouvernement cantonal varient, mais chacun des vingt cantons et des six demi-cantons possède un Conseil législatif élu et un Conseil exécutif. Cinq cantons pratiquent encore la démocratie directe (Obwald, Nidwald, les deux Rhodes d'Appenzell et Glaris). Dans ces cantons, les Landsgemeinden, les assemblées générales des électeurs se prononcent en votant à main levée. Dans les autres cantons, le Conseil législatif est élu au suffrage universel. Les femmes ont obtenu le droit de vote aux élections locales et cantonales au cours des années 1970. Le dernier bastion masculin, Appenzell-Rhodes-Intérieures, est tombé en 1990. La commune est l'unité de base du gouvernement. La Suisse comporte trois mille quatre-vingt-neuf communes qui ont une large autonomie sur les questions de gouvernement. Les communes sont réunies en districts dirigés par un préfet représentant le gouvernement cantonal. Du fait de l'autonomie des cantons et des communes, chaque citoyen suisse possède trois citoyennetés, fédérale, cantonale et communale.
Les partis politiques
La plupart des partis politiques suisses se rattachent aux grands courants de pensée du socialisme, du radicalisme et du conservatisme. Dans ce pays du juste milieu, les partis sont avant tout des partis cantonaux. Les principaux partis politiques sont le Parti socialiste suisse (PSS), qui propose un socialisme démocratique, le Parti radical-démocratique (PDR), partisan d'un pouvoir fédéral plus fort et centralisé, le Parti démocrate-chrétien (PDC) s'opposant, au contraire, à la centralisation du pouvoir. Parmi les autres partis, il faut noter l'Alliance des indépendants (AI), le Parti libéral suisse (PLS) et les Verts, un groupe écologiste.
Défense
Le principe d'organisation de la défense est celui des milices nationales. Tout citoyen de dix-neuf à cinquante ans est astreint à des périodes de service militaire, plus ou moins longues et plus ou moins rapprochées en fonction de son grade. Les miliciens conservent chez eux leur armement, leur uniforme et leur équipement. La Suisse peut ainsi mobiliser en moins de quarante-huit heures 700 000 hommes. En cas de mobilisation générale, l'effectif complet de l'armée suisse atteindrait 1 100 000 hommes (soit environ 15 p. 100 de la population, y compris les membres de la défense civile). En temps de paix, il est possible d'échapper à ses obligations militaires en versant à l'État fédéral la somme équivalent à l'entretien d'un homme. Le Conseil fédéral reste l'instance exécutive suprême et l'emporte sur la hiérarchie militaire. Le grade de général n'existe pas en temps de paix.
Économie
Au premier rang mondial pour le niveau de vie de ses habitants, la Suisse possède une économie hautement industrialisée et développée. Le produit national brut du pays est d'environ 226 milliards de dollars, soit un revenu annuel de 32 699 dollars par habitant (estimations Banque mondiale (1989-1991)). Le produit intérieur brut était de 240,6 milliards de dollars en 1992. Le commerce et les services, y compris les banques, la finance et le tourisme sont les principaux secteurs de l'économie et représentent juste un peu moins de la moitié des emplois. Viennent ensuite l'industrie manufacturière (25 p. 100), l'énergie, les mines et le bâtiment (10 p. 100), l'agriculture, la sylviculture et la pêche (2,5 p. 100). Le budget national, pour 1993, atteignait 28,9 milliards de dollars de recettes pour 31,3 milliards de dollars de dépenses.
Agriculture
La Suisse pourvoit à ses besoins en viande et en blé, mais ni les sols ni le climat ne sont favorables à l'agriculture. Le pays doit importer la plupart de ses produits alimentaires et subventionne fortement ses agriculteurs. La plupart des exploitations agricoles sont des entreprises familiales de petite taille. Les principaux produits agricoles et leur production annuelle étaient, en 1991, les betteraves à sucre (897 000 t), le blé (574 000 t), les pommes de terre (725 000 t), les pommes (190 000 t), le raisin (178 000 t), le lait (3,8 millions t), le fromage (131 600 t) et le vin (117 000 t). L'élevage comprenait environ 1,8 million de bovins, 1,7 million de porcs, 409 000 moutons, 49 000 chevaux et 6 millions de volailles.
Sylviculture et pêche
La Suisse produit environ 6,7 millions de mètres cubes de bois annuellement (début des années 1990), mais la sylviculture a été touchée par la pollution atmosphérique qui a endommagé plus de 35 p. 100 du capital sylvicole du pays. La plus grande partie de la production de bois est utilisée comme bois d'œuvre ou dans la papeterie. La pêche contribue très peu à l'économie suisse. On pêche 4 300 tonnes de poisson par an principalement dans les lacs de Genève, de Neuchâtel et de Constance. L'industrie minière suisse est de peu d'importance. La production annuelle est de 400 000 tonnes de sel gemme et de 4,4 millions de tonnes de ciment.
Industries
Le tiers des actifs suisses est aujourd'hui employé dans les industries manufacturières. Les principales industries sont la mécanique de précision, les machines-outils, la chimie, la pharmacie et l'industrie horlogère, célèbre depuis le XVIIIe siècle. Environ 28 millions de montres sont exportées chaque année dans le monde. D'autres manufactures importantes produisent des textiles, des vêtements, des chaussures, des métaux raffinés, des produits alimentaires (chocolat), des produits du bois et du papier.
La Suisse dispose de ressources hydroélectriques qui lui fournissent environ 60 p. 100 de son énergie. La plus grande partie du reste provient de l'énergie nucléaire. Au début des années 1990, la production annuelle était d'environ 57 milliards de kilowattheures.
Monnaie et système bancaire
L'unité monétaire suisse est le franc suisse de 100 centimes (1,27 franc suisse valait 1 dollar américain en 1995). La banque émettrice est la Banque nationale suisse semi-privée dont les actions sont possédées par les cantons, par d'autres banques et par le public. La Suisse est un centre financier international d'importance majeure et possède un réseau bancaire très dense. La stabilité politique et financière du pays ainsi que ses traditions de secret sur les transactions ont permis de drainer autant l'épargne intérieure que les capitaux étrangers. Zurich est le principal centre bancaire du pays. Les grandes banques commerciales sont l'Union de banques suisses, la Société de banque suisse, le Crédit suisse et la banque Leu. Il existe six places boursières en Suisses, et la bourse de Zurich est l'une des plus grandes d'Europe.
Commerce extérieur
Au début des années 1990, les importations suisses revenaient à environ 74 milliards de dollars et les exportations rapportaient environ 70 milliards de dollars. Les principales importations sont les machines, le matériel de transport, le pétrole brut et raffiné, les métaux précieux, les produits alimentaires, le fer et l'acier ainsi que les produits chimiques. Les principales exportations sont les machines, les produits pharmaceutiques, les produits chimiques, les textiles, l'horlogerie et les métaux précieux. Les principaux partenaires commerciaux de la Suisse sont l'Allemagne, la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, les États-Unis et le Japon. Le déficit de la balance commerciale est couvert par ce que l'on appelle les «!exportations invisibles!», services financiers et revenus du tourisme. Ce dernier est l'une des principales sources de devises et d'emplois en Suisse. La balance des paiements totale de la Suisse (y compris les exportations invisibles) présentait un excédent de presque un milliard de dollars au début des années 1990.
Transports
La Suisse comporte 5 175 km de voies ferrées, dont environ 57 p. 100 sont possédées et gérées par l'État. La majeure partie du réseau ferré fédéral est électrifiée. La plus grande partie du trafic ferroviaire entre la France et l'Italie passe par la Suisse. Une voie ferrée internationale en cours de construction doit relier prochainement l'axe Bâle et Milan en Italie, ouvrant un nouvel axe direct entre les deux conurbations industrielles et financières. Il existe environ 71 000 km de routes dont 1 515 km d'autoroutes. Le parc automobile représente près de 3 millions de véhicules automobiles dont plus de 90 p. 100 sont des voitures privées.
Il existe trois tunnels routiers alpins, dont le tunnel du Saint-Gothard (16,32 km) qui est le plus long tunnel routier au monde. En raison des problèmes de pollution, le trafic ferroviaire, qui est non polluant, est sans doute encore appelé à se développer. En février 1994, les électeurs suisses ont approuvé, par référendum à une faible majorité, l'interdiction de tout trafic de transit de poids lourds à travers la Suisse. Cette interdiction, qui doit prendre effet en 2004, a été très critiquée par la plupart des gouvernements européens, mais également saluée comme une mesure novatrice et salvatrice pour l'environnement. En principe, les poids lourds ne devraient plus traverser le territoire suisse que par train.
Les transports aériens intérieurs et internationaux sont assurés par la Swissair, une compagnie propriété du gouvernement fédéral, des cantons et d'investisseurs privés. Bien que la Suisse n'ait aucun accès à la mer, la marine marchande suisse, créée par un décret du gouvernement fédéral en 1941, compte vingt-cinq navires de haute mer et deux cent quatre-vingts péniches qui opèrent à partir de ports étrangers et du port de Bâle sur le Rhin.
Communications
L'agence des postes et télécommunications suisse dirige un système de communication moderne et complet. La radio et la télévision suisses émettent des programmes en plusieurs langues : allemand, français et italien . Radio suisse internationale émet en direction des pays étrangers. Il existe près de cent journaux quotidiens dont certains de réputation internationale, tels que la Neue Zürcher Zeitung, publiée à Zurich et le Journal de Genève.
Population active
La population active suisse comprend environ 3,5 millions de personnes, dont plus de 900 000 étrangers (originaires surtout d'Italie, d'Espagne et de France) appelés «!travailleurs-hôtes!». Le principal groupement de syndicats est l'Union syndicale suisse qui compte 443 000 membres et se considère comme l'organe de défense collectif de l'ensemble des salariés. Depuis 1937, la politique sociale est fondée sur le consensus. Toutes les questions importantes sont réglées par des contrats entre salariés et employeurs qui peuvent être déclarés obligatoires par le Conseil fédéral.
Histoire